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Camp de Ki et d’AÏKIDO 2009

shapeimage_3-1Au printemps et à l’automne 2009, se sont tenus plusieurs séminaires sur le Ki (coordination corps-esprit) et des camps d’Aïkido pratiqué avec Ki. Chacune des deux activités s’est poursuivie durant une période de quatre jours consécutifs comportant de 4 à 7.5 heures d’entraînement.

Durant le camp d’automne 2009 tenu en novembre, Sensei Philippe Poirier (Renshi), de l’école de Son Kei Do Jiu-Jitsu des Îles-de-la-Madeleine, s’est vu décerné le grade de Shokyu pour sa compréhension de la coordination corps-esprit, et le grade de Yonkyu pour sa maîtrise de l’Aïkido pratiqué avec Ki (photo ci-haut).

Ces activités invitent des groupe d’artistes martiaux et des groupes variés d’autres disciplines qui ne sont pas en lien avec les arts martiaux. La demi-douzaine de pratiquants a pu se joindre à toutes les activités sauf celle réservées à Renshi.

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Considérations sur la ceinture : une composante incontournable du vêtement.

Par Nidan Pierre St-Laurent de l’Académie des arts martiaux de Québec

Traditionnellement, les arts martiaux étaient jadis liés aux religions ou aux divers systèmes philosophiques. Utilisés à l’origine pour se défendre et survivre, ils sont devenus, avec le temps, une voie d’évolution et de perfectionnement personnel. Ils ont alors marqué profondément la façon de vivre et d’évoluer de plusieurs nations. Pensez simplement aux fabuleux Moines de Shaolin, aux impressionnants Samouraïs, aux déroutants Ninjas, aux superbes chevaliers du Moyen-Âge, etc. 

À l’époque des maîtres fondateurs, le système des grades était très simple et comportait peu de niveaux Chaque maître n’ayant que peu d’élèves, il pouvait facilement suivre leur évolution. De nos jours, un système élaboré de niveaux et de couleurs a été mis en place et varie souvent d’une discipline à l’autre. La ceinture est devenue une composante incontournable du vêtement, du pratiquant d’arts martiaux. Au départ, la ceinture est bien utile pour retenir le costume du pratiquant. On l’utilise, aussi, pour y accrocher ses armes. Certaines disciplines ont même développé son aspect d’autodéfense. Elle supporte aussi efficacement le bas du dos, dans certains exercices. Cependant, son usage va bien au-delà de ses fonctions de base. Dépassons la signification des couleurs, pour découvrir sa grande richesse symbolique. En premier lieu, elle délimite les étapes de la voie à suivre. 

Selon la philosophie des écoles, les niveaux ou couleurs représentent une qualité, une attitude ou un état à atteindre, ceux-ci étant symbolisés par un animal (tigre, serpent, léopard, grue, dragon etc.) ou un élément (terre, air, feu, eau). Les maîtres du Budo enseignent que la ceinture représente la volonté. Le nœud que l’on serre en la mettant au début du cours, est notre détermination inébranlable à poursuivre notre apprentissage avec persévérance. Placée sur le Hara, le centre de la volonté ultime, elle ceint les reins et devient alors le bouclier du guerrier. 

Psychologiquement, nouer sa ceinture, signifie se disposer pour agir, c’est accomplir un vœu. Dévier de ce vœu ou le rompre, c’est se dégrader. Ponctué d’examens et d’épreuves, le passage d’un degré à l’autre, est d’autant d’étapes initiatiques à parcourir et où le pratiquant est poussé  au-delà de ses limites. Il est soumis au feu de l’athanor alchimique afin de faire ressortir sa véritable nature et la transformer. Pour le profane, l’obtention de la ceinture noire est l’ultime limite et honneur à atteindre. Celui qui sera capable de dépasser l’ego et le monde de l’illusion, découvrira qu’il n’est qu’au début d’un fabuleux voyage. Voyage qui le transportera aux confins de lui-même. Pour obtenir les secrets ultimes du Budo, il devra frotter sa ceinture noire à une pratique intense, pour qu’avec le temps et l’effort sa couleur noire s’estompe et redevienne blanche. Comme le dit si bien Jean-Rock Fortin dans son merveilleux  livre : La Voie de l’harmonie avec le Ki : « Les arts martiaux sont des pratiques qui visent à améliorer une personne en l’aidant à se développer. Seul l’impact de ces pratiques dans la vie courante de l’adepte donne un sens à la pratique des arts martiaux ».