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Le vide n’existe pas !

shapeimage_2-3On réfère au « vide » pour identifier la masse sombre de l’Univers. Pourtant, les progrès de la science indiquent que cette masse sombre, constituant l’essentiel de la masse cosmique, est constituée en réalité de champs et de particules qui interagissent plus faiblement que les électrons et les quarks.

Qui plus est, la physique cosmologique a découvert récemment qu’une « mystérieuse énergie » présente dans l’Univers produit une accélération. Selon des théories mécaniques des corps et des forces induites, les chercheurs ont toujours voulu démontrer que l’Univers se contractait. Ce n’est pas le cas : l’Univers est en expansion. C’est dire que, contre toute attente, l’énergie cosmique domine sur la matière.

« Notre Univers n’est pas ce qu’il paraît être. Les étoiles visibles, les nuages de gaz, la poussière et les débris cosmiques comptent pour moins de 10 % de la masse qui, selon les scientifiques, doit forcément exister. Les astronomes, les astrophysiciens et les physiciens mènent en ce moment des recherches intensives pour trouver l’énergie invisible sans laquelle notre galaxie et notre Univers physique ne pourraient exister. » (Buhlman, William « Voyage au-delà du corps », Éditions L’art de s’apprivoiser Inc., Varennes, Québec, Canada, 1998, 301 p.)

Le vide n’existerait donc pas dans l’Univers. Cette absence de vide confirme donc l’existence d’une substance universelle définie ici comme le Ki universel. Ainsi, une philosophie ou une doctrine vouée à l’appréhension du vide serait donc contradictoire avec la structure même de l’Univers. Notons que la notion de vide est souvent confondue avec celle de la vacuité, « Ku », qui signifie un état de non-entrave du mental d’une personne. Ce qui est très différent.

Dans la pratique du Ki, on insiste souvent sur la différence entre relaxation morte et vivante, et sur la visualisation de courants d’énergie ou de vibrations. Cette vision des choses s’accorde bien avec celle de la science, où la matière est comprise comme essentiellement dynamique, en mouvement et rythmée.

La physique décrit la plupart des particules matérielles comme liées à des structures moléculaires atomiques et nucléaires et, par conséquent, qui ne sont pas au repos, mais qui ont une tendance inhérente à bouger. Selon la théorie quantique, la matière n’est donc jamais inerte, mais toujours en état de mouvement.

Les objets matériels qui nous entourent peuvent sembler passifs et inertes mais, lorsque nous agrandissons un tel objet inerte, minéral ou autre, nous observons qu’il est plein d’activité. Tous les objets dans notre environnement sont composés d’atomes liés les uns aux autres pour former une variété de structures moléculaires qui ne sont pas rigides et immobiles, mais oscillent selon leur température et en harmonie avec les vibrations thermiques de leur environnement. Dans les atomes vibrants, les électrons sont liés au noyau atomique par des forces électriques qui tendent à les rapprocher autant que possible, et ils répondent à cet emprisonnement en tourbillonnant avec une extrême rapidité.

« La physique moderne ne décrit donc pas la matière comme inerte et passive mais comme animée d’un mouvement perpétuel, dansant et vibrant, dont les rythmes sont déterminés par les structures moléculaires, atomiques et nucléaires ». (Capra, Fritjof « Le Tao de la physique », Éditions Sand, Paris, 1975, 331 p.)

De même que la notion d’objets solides a été anéantie par la physique atomique (science de l’infiniment petit), l’espace vide a perdu sa signification en astrophysique et en cosmologie (sciences de l’Univers dans ses grandes dimensions).

Les théories des champs de la physique moderne nous obligent à abandonner la distinction classique entre les particules matérielles et le vide. La théorie du champ de gravité d’Einstein et la théorie du champ quantique montrent toutes deux que les particules ne peuvent être séparées de l’espace qui les entoure. D’une part, elles déterminent la structure de cet espace ; de l’autre, elles ne peuvent être considérées comme des entités isolées, mais doivent toutes être perçues comme les condensations d’un champ continu présent dans tout l’espace. Dans la théorie des champs quantiques, ce champ est considéré comme le fondement de toutes les particules et de toutes leurs interactions.

« Le champ existe toujours et partout ; il ne peut jamais être supprimé. Il est le support de tous les phénomènes matériels. C’est le « vide » à partir duquel le proton crée les mésons. L’existence et la disparition des particules sont seulement des formes du mouvement du champ. »

La distinction entre matière et espace vide a dû être abandonnée lorsqu’il est devenu évident que des particules virtuelles pouvaient spontanément procéder du vide et disparaître à nouveau sans qu’aucune autre particule de forte interaction ne soit présente. Dans le vide, il peut arriver qu’un antiproton, un proton et un pion soient formés à partir de rien et disparaissent à nouveau. Selon la théorie du champ, les événements de cette sorte se produisent continuellement. Le vide n’a rien à voir avec le néant. Au contraire, il contient un nombre illimité de particules qui naissent et disparaissent sans fin. C’est le Ki.

Fritjof Capra affirme : « C’est là le plus étroit parallèle en physique moderne avec le vide au sens oriental. Comme le vide oriental, le « vide physique », ainsi nommé dans la théorie du champ, n’est pas un pur néant, mais contient la potentialité de toutes les formes du monde des particules. Ces formes, à leur tour, ne sont pas des entités physiques indépendantes, mais simplement des manifestations transitoires du vide fondamental sous-jacent. »

La relation entre les particules virtuelles et le vide est une relation essentiellement dynamique ; le vide est vraiment un « vide vivant » vibrant, selon des rythmes infinis de création et de transformation. Beaucoup de physiciens considèrent la découverte de la qualité dynamique du vide comme l’une des plus importantes de la physique moderne. Les résultats de la physique moderne semblent ainsi confirmer les paroles du sage chinois Tchang Tsai : « Quand on sait que le Grand Vide est plein de Ki, on sait que le Néant n’existe pas. »

 Jean-Rock Fortin