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Tenir le sabre et le volant

shapeimage_2-1Dans la pratique de l’Aïkido avec Ki, le maniement du sabre a pour objectif d’expérimenter notre capacité à diffuser le Ki. Dans ce dessein, la relaxation vivante joue un grand rôle. Au cours de l’entraînement, le pratiquant utilise un boken (sabre de bois) qui simule la masse et la portée d’un sabre réel.

Dans la pratique de nombreux arts martiaux, une technique consiste à frapper le boken (ou l’épée) de l’adversaire afin de se rapprocher de lui sans danger à un endroit permettant de le pourfendre. Dans la pratique de l’Aïkido avec Ki, cette technique n’est qu’un test pour déterminer si le pratiquant tient son sabre de bois adéquatement, c’est-à-dire avec coordination. Si c’est le cas, la personne subissant l’attaque est protégée, et un partenaire qui procède à une attaque à l’aveugle, va s’empaler. En effet, si la coordination a été maintenue, le boken de la personne ainsi frappé va se repositionner automatiquement et instantanément dans la position initiale. Dans le premier cas, il est question d’une technique s’adressant à des cascadeurs et, dans l’autre cas d’un simple test de coordination. Selon l’approche choisie, il existe de toute évidence, un univers de différences.

Tenir le sabre adéquatement est un exercice très difficile. Dans des pratiques avancées, le boken est muni d’un pointeur au laser fixé à son extrémité. La personne tient le boken et dirige le faisceau lumineux vers un mur. Cette manœuvre nous permet de percevoir l’amplification du mouvement ou le tremblement de l’extrémité du boken. Nous pourrons alors observer l’état de calme du pratiquant qui est directement proportionnel à l’oscillation du point lumineux sur le mur. Si le pratiquant est tendu ou ne tient pas sonboken avec coordination, le point lumineux oscillera sur de plus grandes distances. Le but de ce jeu est de s’améliorer et d’accroître la profondeur de sa coordination. Ainsi, il n’y a donc pas de limite à bien tenir le sabre. Ceci n’est que le début des pratiques adéquates d’escrime.

Cette technique amplifie physiquement la condition de l’esprit afin d’en mesurer le calme. Dans la vie de tous les jours une telle méthode d’évaluation de soi semble hors de portée. Cependant, une activité courante comme conduire une automobile, produit le même type d’amplification de l’état mental d’une personne.

Dès lors, il est possible de nous observer et de nous auto-évaluer. Généralement, une personne calme et équilibrée sera courtoise au volant, elle respectera le code de la route et elle sera prudente parce qu’elle est consciente des autres et de l’environnement qui l’entoure. Même dans cette activité routinière, cette personne exprimera un respect pour la vie. D’autre part, une personne dérangée mentalement aura tendance à adopter des comportements d’insouciance et d’agressivité.

En observant les comportements routiers, nous pouvons facilement en déduire que beaucoup de gens dans notre Société ont un besoin urgent de soins pour corriger leur déséquilibre mental.

L’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), dans son rapport de 2001, estimait à 450 millions de personnes la population mondiale souffrant de troubles mentaux trop souvent négligés. Dans un tel contexte, il semble tout indiqué de diffuser des technologies de l’esprit simples, comme la coordination du corps et de l’esprit, qui permettent la prise de conscience de soi et incidemment la maîtrise de soi.

Par extrapolation, des activités qui relèvent de la pratique des arts martiaux ou de la compréhension du Ki, comme tenir le sabre, trouvent facilement leur application dans des contextes de la vie quotidienne.

Jean-Rock Fortin