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La nature du KI

shapeimage_2-2Le Ki est un ensemble infini de particules infiniment petites. On peut se faire une idée de ce concept en imaginant que l’on coupe en deux un objet (telle une pierre) et que l’on divise à son tour une des moitiés obtenues et ce, indéfiniment. La moitié de ce quelque chose étant toujours aussi une chose, on n’arrive ainsi jamais à zéro, mais à un objet susceptible d’être à son tour divisé, à l’infini.

Pour comprendre comment la matière était constituée, la science a pu isoler les éléments de base, identifiant au début l’atome comme la plus petite particule élémentaire. Les notions classiques d’atome inventées par Démocrite indiquaient qu’il s’agissait d’une particule insécable, probablement pour se débarrasser de l’encombrante notion d’infini. Puis, on a découvert que l’atome était constitué d’un noyau autour duquel gravite l’électron. Le noyau est lui-même constitué de deux particules : le proton et le neutron. Récemment, on a découvert que ces particules sont constituées de quarks et l’on estime que bientôt des particules encore plus petites, comme les préons ou les rishons, seront découvertes, et ainsi de suite jusqu’à la prochaine découverte d’une particule encore plus petite.

Cette poursuite de l’infiniment petit, qui semble ne jamais se terminer, définit par lui-même le processus scientifique de la découverte du Ki. Mais la notion de Ki est plus subtile et plus fondamentale que celle des particules.

Voici ce qu’en dit Senseï Koichi Tohei. Fondateur de l’Aïkido Shin-Shin Toitsu: « Ki est l’ensemble infini de particules infiniment petites. De la même façon, le soleil, les étoiles, les plantes, les animaux, l’esprit et le corps humain sont tous issus du Ki universel. Le Ki est la substance même de l’Univers, il n’a pas de commencement ni de fin, sa valeur absolue ne s’accroît ni ne diminue. Nous sommes un avec l’Univers, et nos vies sont une partie de la vie de l’Univers. »

Cette vision des choses correspond aux connaissances de pointe que la science nous propose sur l’Univers. En effet, nous n’avons qu’à comparer cette description du Ki avec celle que fait Fritjof Capra de la connaissance moderne de la matière dans « Le Tao de la physique », qui a par ailleurs établi avec clarté et rigueur les rapprochements entre physique moderne et philosophies orientales.

« En physique atomique, les particules subatomiques n’ont pas de signification comme entités isolées (…). Lorsque nous explorons la matière, la nature ne nous montre aucune “première pierre”, mais apparaît plutôt comme un réseau serré de relations complexes entre les diverses parties d’un tout. Ces relations impliquent toujours l’observateur d’une façon essentielle. L’observateur humain constitue le dernier maillon dans la chaîne des processus d’observation, et les propriétés de n’importe quel objet atomique ne peuvent être comprises qu’en termes d’interaction de l’objet et de l’observateur. »

Le scientifique doit, comme tout être humain, élargir sa conscience s’il désire obtenir une réelle connaissance de l’Univers. Les trouveurs de vérité savent tous cela depuis déjà des millénaires. C’est la méthode scientifique elle-même qui sera appelée à subir une mutation pour graduellement rattraper la vraie spiritualité.

Jean-Rock Fortin