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Entropie et Ki

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La cosmologie rend compte de la création de l’Univers. La naissance d’une étoile est issue de particules gazeuses en mouvement qui, sous l’effet de leur propre gravité, s’effondrent sur elles-mêmes. La matière se contracte, devient opaque, se réchauffe et il en résulte un embryon stellaire essentiel à la vie. Le chaos, ou désorganisation, qui régnait parmi les particules en mouvement avant la naissance de l’étoile a diminué. On parle ici d’une réduction de leur entropie. Par ailleurs, l’émission chaotique dans l’espace de photons lumineux émanant de l’étoile accroît l’entropie de l’Univers, et incidemment sa structure. L’étoile, structure organisée, est maintenant créatrice de chaos en émettant ses rayons dans toutes les directions.

Les photons lumineux du Soleil qui frappent la surface de la Terre sont absorbés et cette énergie, dans certaines conditions, est l’élément déclencheur et essentiel à l’édification de la vie. Du chaos, on observe donc l’apparition de structures organisées évoluant jusqu’à des niveaux de plus en plus complexes. Cependant, à l’instar de la naissance de l’étoile, l’organisation de structures réduit l’entropie de celles-ci et augmente l’entropie de l’Univers. Toute création (physique ou intellectuelle) engendre une transformation énergétique qui produit un retour vers le cosmos d’une nouvelle énergie.

Par exemple, l’absorption de photons lumineux à la surface de la Terre occasionne une émission de rayons infrarouges vers le cosmos. L’énergie solaire n’est donc pas consommée mais transformée. Dans ce processus d’échange et de transformation, notre monde relatif s’organise, ou se développe, contribuant ainsi à la croissance de l’Univers.

L’organisation de structures requiert donc un apport énergétique. On observe que plus la structure est complexe, plus grand est l’apport énergétique requis pour la réaliser et plus grand est le nombre de structures moins complexes. Au fil du temps, l’organisation des structures ressemble quelque peu à une forme pyramidale. Ainsi, il existe beaucoup moins de structures végétales que minérales, beaucoup moins de structures animales que végétales, etc. S’il existe des structures plus complexes que l’être humain, on ne les a pas encore découvertes ou notre conscience ne nous permet pas encore de les saisir. Dans le cas de structures très complexes, on observe également que ces structures sont beaucoup plus fragiles que les structures inférieures et requièrent un flot énergétique supplémentaire pour se maintenir.

Les lois universelles d’échange énergétique s’appliquent de la même façon à l’être humain qui doit payer son tribut de retour énergétique vers le cosmos afin de maintenir sa propre structure évolutive et produire sa croissance. Ainsi, les potentiels nombreux d’un être humain peuvent être développés à condition d’entreprendre un processus qui réduise sa propre entropie et que, ce faisant, il se produise un accroissement de l’entropie universelle.

D’un point de vue scientifique, c’est ce qui est entendu lorsque, dans l’étude du Ki, il est question de « diffusion » du Ki universel (mouvement, échange énergétique passant par le centre d’un individu dans la réalisation d’un potentiel), de « clarté d’esprit » (diminution de l’entropie d’un individu ou concentration, par opposition à chaos, négativité ou confusion de l’esprit) et de « création » de l’Univers (accroissement de l’entropie de l’Univers et croissance d’une structure existante). Ce mouvement énergétique naturel (en harmonie avec la Création) est la source du développement de l’être humain. La pratique qui découle de l’étude du Ki met de l’avant des processus systématisés de maintien et d’accélération de ces mouvements énergétiques.

Seuls les effets produits par ces mouvements sont mesurables physiquement, biochimiquement et biologiquement et non le mouvement lui-même. C’est pourquoi la science, au moyen de sa méthodologie, n’arrive pas encore à cerner le Ki. Par ailleurs, les effets psychosociaux produits sur le plan individuel par les pratiques liées au Ki sont remarquablement évidents, mais difficilement mesurables puisqu’ils se rapportent à chaque personne individuellement.

Jean-Rock Fortin