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HARA, le « CENTRE » ou cerveau viscéral

shapeimage_2-8L’Aïkido avec Ki réfère constamment au « centre », appelé aussi le « hara ». Voici un article qui en explique scientifiquement la raison.

Selon la médecine occidentale, le Hara situé une main en-dessous du nombril au milieu du bas-ventre correspond pour l’occidental au centre de gravité du corps.

D’un point de vue anatomique, il correspond au système nerveux entérique (SNE). Actuellement, la définition que l’on peut faire du SNE est la suivante :

  1. Le SNE est composé de 200 millions de neurones situés autour du tube digestif et de l’intestin.
  2. Il peut se souvenir, s’émouvoir, « penser », souffrir de névrose et surtout travailler de manière indépendante de l’encéphale. Contrairement au cerveau crânien, le SNE « est » et « vit » dans l’action présente. Il est en charge de la défense de notre intégrité. Hors, quand il perçoit un danger, il peut sans autre forme de procès court-circuiter l’encéphale.
  3. Il a son propre réseau et commande d’une manière autonome les fonctions complexes de la digestion.
  4. Il est responsable de la propulsion du bol alimentaire, de l’entretien et de la régulation du système digestif.
  5. Les neurones entériques innervent également des organes associés et voisins comme le pancréas.
  6. Dans certains cas de maladies (Alzheimer ou Parkinson), des lésions touchent d’une manière similaire le système nerveux central et le SNE.
  7. Le SNE est en étroit contact avec le système immunitaire.
  8. •La sérotonine, neurotransmetteur qui influence les états d’âme, est produite à 95% par le SNE.
  9. Certains médicaments psychiatriques influencent l’estomac, de même que certains antidépresseurs provoquent des troubles du système digestif.
  10. 40% des personnes souffrant d’un côlon irritable souffrent également d’angoisses et de dépression.
  11. Il est intimement lié au nerf vague, ou nerf pneumogastrique, ou encore nerf cardio-pneumogastrique. Rôle : régulation végétative (digestion, fréquence cardiaque…). Le nerf vague est le nerf crânien dont le territoire est le plus étendu. C’est un nerf mixte qui convoie des informations motrices, sensitives, sensorielles et surtout végétatives parasympathiques. Sa stimulation entraîne un ralentissement cardiaque via sécrétion d’acétylcholine. Responsable également de la viscéromotricité des appareils cardio-vasculaire, trachéo-broncho-pulmonaire et régule les sécrétions des glandes surrénales, du pancréas, de la thyroïde, des glandes endocriniennes et bien sûr du système digestif.

… Le SNE fonctionne d’une manière indépendante et autonome. Les anglophones le nomment « Brain gut » signifiant « cerveau viscéral ». Il est composé d’environ 200 millions de neurones soit mille fois moins que le cerveau mais autant que la moelle épinière.

Selon la médecine orientale, le Centre de gravité est aussi appelé dantian en chinois, Hara ou seika tanden en japonais. Depuis des millénaires la médecine indo-tibétaine et sa fille chinoise nous parlent du Hara comme de l’océan d’énergie.

Le Hara est l’endroit à l’intérieur duquel se mélangent les énergies psychiques (corps mental), affectives (corps astral) et énergétiques. Le terme d’« Océan d’énergie » utilisé pour déterminer cette partie de l’Homme-Spirituel a son explication dans le fait qu’au sein du Hara, trois énergies se brassent et peuvent créer dans certains cas, de véritables tempêtes aussi destructrices que les marins et les personnes vivant au bord des océans peuvent connaître.

… Le Hara est au centre des quatre corps inférieurs et permet, par un long travail personnel de maîtriser sa production d’énergie, appelée « Chi » en chinois et « Ki » en japonais.

Le Hara est au centre de trois corps (mental, astral, éthérique) qui produisent une énergie alimentant le quatrième, le corps physique. Sachant que ce dernier est périssable (mortel) et fragile, le Hara doit non seulement fournir une énergie permettant l’action, la mise en mouvement du corps mais également une énergie réparatrice et régénératrice afin de « réparer » le véhicule physique.

Comme nous l’avons vu plus haut, le Hara correspond au SNE, ce cerveau viscérale qui au fond est l’endroit où l’Homme fait la différence entre le soi (l’individualité) et l’autre, l’étranger potentiellement dangereux au travers du processus de digestion. Le SNE est aussi intimement lié au système immunitaire étant en charge de protéger l’être humain de tous les agents pathogènes (virus, bactéries, parasites). Le Hara a donc un « mandat de protection » qui constitue sa principale activité au sein d’un homme-animal, dominé par ses besoins primaires (respirer, s’alimenter, se reproduire et se protéger) et par des sentiments inférieurs (peur, colère, désirs instinctifs, angoisses, etc.) ce qui lui laisse peu de potentiel pour faire évoluer le corps qu’il alimente.

Ce que l’on appelle le Haragei, le travail sur le Hara ne pourra donc se faire qu’en travaillant sur chaque corps d’une manière différente.

Nous voyons clairement que le Hara est aussi appréhendable au travers de la notion des cerveaux reptiliens et mammaliens. Ces deux cerveaux qui permettent à l’Homme d’assouvir ses besoins primaires pour le premier et à se socialiser pour le second, posent des limitent qui sont transcendables qu’au travers d’un très profond travail introspectif.

Le Hara est avant tout la source du Ki, lequel met en mouvement le corps physique et permet d’accomplir tout ce qui se passe en et hors de lui. Le pouvoir de l’individu sur son environnement se résume à la puissance de son Ki.

La compréhension du Hara équivaut à la compréhension de la Personnalité et sa maîtrise permet l’ouverture de la porte sur le Soi Divin.

                                                                                      Auteur : Jean-Christian Balmat

Extrait du livre « Rissoi l’Ermite, Celui qui découvrit le Chemin vers le Monde Intérieur » en cours de publication… (Ça vaudra certainement le coup de se le procurer dans le cadre de notre étude !).