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Violence à autrui : Quand doit-on intervenir ?

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Vous êtes témoin de violence contre une autre personne et vous voulez aider, alors attention. Une femme est violentée en public? Appelez les flics! Filmez l’évènement avec votre portable, procédez à des manœuvres de diversion si vous le pouvez, émettez un Kiaï silencieux, etc. Utilisez votre intelligence et des subterfuges pour influencer positivement la situation, si possible avec le concours d’autres personnes.

Avant de vous interposer physiquement prenez garde, car la situation se retournera contre vous à coup sûr. Même si vous réussissez à contrôler une personne violente (ce qui n’est pas garanti), vous serez tenu responsable civilement pour tout préjudice que vous aurez causé à l’agresseur même si vous avez agi selon la règle du « bon samaritain » pour défendre la victime. Ça pourrait donc vous couter très cher en argent, même si la loi exige de chaque citoyen de porter secours à une autre personne dont la vie est en péril. Cette obligation existe, par exemple, pour toute personne témoin d’une situation où une intervention urgente est nécessaire en raison des conséquences dramatiques qui peuvent en découler.

Aussi, si vous utilisez la force manière indue contre l’agresseur, vous serez tenu criminellement responsable avec toutes les conséquences négatives que cela implique. À cet instant ce sera vous qui serez considéré comme l’agresseur. Prudence! Réfléchissez avant d’agir!

En l’absence de policiers, le Code criminel permet à un simple citoyen d’effectuer une arrestation s’il trouve une personne en train de commettre une infraction criminelle. La loi prévoit que lorsqu’un citoyen arrête une personne, il doit la remettre sans délai à un agent de police. Le citoyen est autorisé à recourir à la force pour arrêter l’individu, mais il y a des limites à celle qu’il peut employer. Ne croyez pas que notre société vous laissera jouer le rôle du héros. Peu importe les faits d’une situation, le système judiciaire vous tombera dessus de toutes les manières, parce que c’est la manière dont il est conçu.

Aussi, si vous avez à intervenir, vous devez vous assurer que la victime présumée veut être aidée. À cet égard, on peut citer l’exemple des disputes domestiques impliquant le syndrome de la femme battue qui sont les situations les plus dangereuses pour les policiers, et ce, parce que la victime va défendre son agresseur. Vous n’échapperez pas à des comportements d’agressivité de la part de la victime devant une telle occurrence.

Comme pratiquants des arts martiaux, vous êtes censé vous maitriser suffisamment pour être en mesure d’utiliser votre intelligence plutôt que la force. C’est un aspect clé à l’étude dans la pratique de l’Aïkido, la Voie de l’Harmonie avec Le Ki.

Le recours à la force est donc prohibé à moins qu’une vie, la vôtre ou celle d’une personne innocente, ne soit directement menacée à un moment précis. Cela signifie que tous les autres recours ont été épuisés et que la seule façon de préserver la vie implique une intervention physique. C’est seulement à cette condition de limite extrême que je reprendrais la devise de mes anciens collègues de la GRC qui disait qu’à ce stade, il valait mieux être jugé par 12 que d’être porté par 6.